Au Microb'scope

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Cadmium : on s’empoisonne sans le savoir ? 😳

NL57 - Quels aliments sont concernés (et comment réduire le risque)

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The French Virologist
avr. 28, 2026
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Des questions? Tout est dans la FAQ.


📌 Dans Cette Édition, Découvrez:

  • Pourquoi le rapport sur le cadmium sort maintenant : inquiétude réelle ou exagérée ?

  • Le bio est-il épargné ?

  • On mange quoi maintenant, on arrête le pain ? Les pâtes ? Les légumes ?Pain complet ou pain blanc ?

  • Les limites autorisées sont-elles remises en cause ?

  • Faut-il boycotter les produits français ? Et les légumes du Maroc ?

  • Faut-il faire tester nos enfants ? Et peut-on se décontaminer ?

🎁 Bonus : une fiche PDF à télécharger en fin de newsletter avec tous les gestes concrets pour limiter votre exposition au cadmium au quotidien.


👋 Hello tout le monde!

En septembre dernier, avec Thibault, on vous avait décrypté la grande panique du cadmium dans le chocolat. Beaucoup d’entre vous avaient adoré ce dossier et on avait réussi à déstresser tout le monde. Ouf.😅

Sauf que quelques mois plus tard, rebelote. Un gros rapport de l’Anses (l’agence française qui veille sur ce qu’on mange) sort, il fait à nouveau les gros titres, et cette fois ce n’est plus seulement le chocolat qui est concerné.

→ Céréales, légumes, chocolat… quels aliments contiennent vraiment du cadmium, et comment réduire son exposition au quotidien ?

Aujourd’hui, on décrypte tout ça ensemble : ce que dit vraiment ce rapport sur le cadmium, pourquoi les Français sont particulièrement touchés, et surtout, ce que vous pouvez faire concrètement pour limiter les risques pour votre santé.

Panique ou pas panique ? Qu’est-ce qu’on mange maintenant ? On arrête les Kellogg’s et les Krisprolls au petit-dej ?

Et parce que je suis une psychopathe de la rigueur et du fact-checking (vous commencez à me connaître 😅), et que je suis virologue de formation, pas toxicologue, j'avais vraiment besoin d'un regard expert sur ce dossier.

Alors j'ai contacté l'Anses directement, et ils ont accepté de tout relire avant publication. Et on a eu la crème de la crème : Géraldine Carne, toxicologue, docteure en santé publique spécialisée sur le cadmium, qui pilote depuis 2011 tous les travaux de l'agence sur le sujet. Merci Géraldine !😊

Donc vous pouvez y aller, ce dossier est scientifiquement fiable, je n’ai pas raconté de bêtises. Promis juré.

💡 Si cette édition vous aide à y voir plus clair, pensez à la partager autour de vous. 😉👇

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Prêt(e) à décrypter tout ça ? C’est parti ! 🚀

NB: Si des éléments de cet email ne s'affichent pas correctement, vous pouvez consulter l'article complet en ligne ici.


⚠️ Cadmium : qu’est-ce que c’est et où le trouve-t-on ?

Le cadmium est un métal lourd présent naturellement dans l’environnement (roches, sols, eau).

Mais les activités humaines (engrais, industrie métallurgique, chimique, électrique, incinération des déchets, recyclage des batteries. etc…) peuvent aussi augmenter ses niveaux dans l’air, les sols, l’eau et donc dans notre alimentation. On verra ensemble plus loin pourquoi les sols français sont particulièrement contaminés.

🌫️ Comment est-on exposé au cadmium ?

  • Via le tabac : Le plant de tabac est une éponge à cadmium : il aspire le métal présent dans le sol et le concentre dans ses feuilles. À chaque bouffée de cigarette, une partie de ce cadmium part directement vers les poumons et est absorbée par l'organisme.

  • Via notre alimentation. Comme le cadmium est présent partout dans notre environnement (eau, sols…), on en retrouve dans beaucoup d’aliments différents. On verra lesquels causent le plus de souci un peu plus loin dans cette newsletter.

  • Via l’air (l’inhalation) : Même sans fumer, nous respirons quotidiennement de minuscules particules contenant du cadmium. Ce cadmium peut provenir des émissions industrielles, du trafic routier ou encore des poussières de la maison qui volent dans l’air.

  • Via la peau. L’absorption du cadmium par la peau est possible (dans une moindre mesure) par le contact direct de notre épiderme avec l’air ou les poussières de la maison, mais aussi via certains produits cosmétiques (rouges à lèvres, fonds de teint, fards à paupières...).

Infographie : 4 voies d'exposition au cadmium — tabac, alimentation,  air (pollution industrielle) et peau (cosmétiques).

💄 Mais attendez avant de jeter votre rouge à lèvres à la poubelle ! Maintenant que l’on connaît toutes les portes d’entrée, nous allons voir quelle est la part exacte de chacun de ces éléments dans notre exposition totale. Et vous allez voir que certains y contribuent beaucoup plus que d’autres...


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🩺 Cadmium et santé : quels sont les risques réels pour l'organisme ?

Le cadmium ne fait pas partie des éléments dont notre corps a besoin pour fonctionner.

Contrairement au fer, au magnésium ou au calcium, il n’a aucun rôle biologique connu chez l’humain.

Le problème, c’est qu’il s’accumule dans notre corps. Et comme on l’élimine très lentement (entre 10 et 30 ans pour en éliminer la moitié), il peut, au fil du temps, atteindre des niveaux élevés et devenir problématique pour la santé.


📅 Le cadmium : Un problème bien connu des autorités

Avant toute chose, rassurez-vous : les autorités sanitaires ne viennent pas de découvrir le cadmium par hasard.

Ce métal lourd est surveillé de près par les autorités sanitaires depuis des décennies.

Dans notre alimentation, des limites réglementaires existent, des contrôles sont réalisés, bref, le sujet était censé être sous contrôle.

Alors pourquoi l’Anses a-t-elle publié ce rapport qui fait la une des journaux en ce moment ? C’est ce que l’on va voir dans la suite de cette newsletter…

🏛️ C’est quoi l’Anses ?

L’Anses (pour Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), c’est la grande agence scientifique française qui veille sur notre santé au quotidien.

→ Son rôle est d’évaluer les risques liés à ce que nous mangeons, à ce que nous respirons ou à notre environnement de travail, afin de conseiller et d’alerter les autorités publiques.

Et c’est justement elle qui vient de publier ce rapport sur le cadmium qui fait beaucoup parler de lui.

Alors… qu’est-ce qui a changé ? Et bien, c’est une série d’évènements…👇

📉 Acte 1 : L'étude Esteban révèle une contamination au cadmium en forte hausse

→ Tout commence avec une étude.

Il y a quelques années, Santé publique France a mené une gigantesque étude nationale appelée Esteban.

Son objectif était de faire une sorte de grand “bilan de santé” de la population française : alimentation, activité physique, maladies chroniques… mais aussi mesurer les substances qui s’accumulent discrètement dans nos organismes.

Au total, une centaine de substances ont été passées au crible, dont 27 métaux.

Et parmi eux se trouvait, je vous le donne en mille : → le cadmium.

Et quand les résultats tombent en juillet 2021, c’est la douche froide :

  • Les scientifiques découvrent que l’imprégnation au cadmium des Français a bondi de plus de 40 % en dix ans.

  • Pire : près d’un adulte sur deux dépasse désormais le seuil critique de cette imprégnation.

  • Et ce n’est pas tout : les niveaux observés en France sont jusqu’à 3 à 4 fois supérieurs à ceux de nombreux autres pays européens (on verra plus loin pourquoi d’ailleurs).

🍽️ Acte 2 : Quels aliments nous exposent le plus au cadmium ?

En parallèle, dans une autre étude sur l’alimentation des Français, l’Anses avait passé au crible ce que nous mangeons réellement au quotidien.

→ Et les résultats étaient sans appel : rien que par l’alimentation, entre 23 % et 27 % des enfants français dépassent chaque jour la dose tolérable de cadmium.

🚨 Acte 3 : L’auto-saisine d’urgence de l’Anses

Face à ces résultats inquiétants, l’Anses n’a pas attendu qu’on lui demande d’agir.

En août 2023, elle a déclenché une auto-saisine, pour comprendre d’où vient cette hausse de notre exposition au cadmium… et surtout comment la freiner.

📂 C’est quoi une auto-saisine ?

En temps normal, l’Anses travaille “sur commande” : ce sont les ministères (de la Santé, de l’Agriculture ou de l’Environnement) qui lui demandent d’évaluer un risque précis.

Mais parfois, les experts de l’Anses détectent un problème préoccupant, et n’attendent pas qu’on leur donne le feu vert.

→ Ils peuvent alors lancer eux-mêmes une étude : c’est ce qu’on appelle une auto-saisine.

🔬 Ce que l’Anses a fait ici

Jusqu’à présent, les autorités de santé calculaient surtout notre exposition au cadmium à partir de ce qu’il y avait dans nos assiettes.

Cette fois, les experts ont vu plus large et ont calculé notre exposition “agrégée”.

→ Concrètement, ils ont additionné absolument toutes nos sources de cadmium au quotidien : l’alimentation, l’eau, l’air, le tabac, les poussières de la maison, et même les cosmétiques.

Et les résultats sont assez dingues (on y arrive juste après). Mais d’abord…👇

🧠 Comment les scientifiques ont-ils fait pour calculer tout ça ?

Pour obtenir ces résultats, les chercheurs ont construit un véritable simulateur de vie géant (un peu comme dans un jeu vidéo Les Sims “édition cadmium”😆), pour reproduire le quotidien des Français de la naissance à 100 ans.

❓Pourquoi faire ça ?

Parce que, comme on l’a vu plus haut, le cadmium s’élimine extrêmement lentement : il faut entre 10 et 30 ans pour en éliminer la moitié.

→ Impossible donc de comprendre d’où vient le problème sans regarder ce qu’il se passe sur toute une vie.

Les scientifiques ont donc compilé toutes ces données pour simuler, année après année, l’accumulation du cadmium dans notre corps.

🎯 Leur objectif ?

Identifier où agir en priorité pour éviter que cette accumulation de cadmium n’atteigne des niveaux toxiques pour notre santé.

🔬 Concrètement, comment ils ont fait ?

1️⃣ La grande collecte

Ils ont rassemblé toutes les données disponibles : ce que l’on mange, respire, touche… et les niveaux de cadmium dans notre environnement.

2️⃣ Le corps humain “numérique”

Ils ont injecté ces données dans un modèle mathématique qui reproduit le fonctionnement de notre corps.

→ Ce modèle calcule exactement quelle proportion du cadmium est absorbée, stockée dans nos reins, ou éliminée dans nos urines au fil du temps.

3️⃣ Des millions de vies simulées

Un algorithme a simulé le parcours de vie de millions de Français (âges, sexes, habitudes…).

→ Résultat : plus de 3,9 millions de profils simulés, suivis jour après jour de 0 à 100 ans.

4️⃣ Le test de réalité

Pour vérifier que leur simulateur tenait la route, les scientifiques ont comparé leurs résultats avec de vraies analyses d’urine issues de l’étude Esteban.

→ Et ils ont vu que leur modèle collait à la réalité.

Et c’est précisément ce travail titanesque qui a donné naissance au rapport qui fait autant de bruit en ce moment.👇


📊 Le verdict: d’où vient vraiment le cadmium qui s’accumule dans notre corps ?

Grâce à ce “simulateur de vie”, les experts de l’Anses ont pu démêler qui contribue à quoi dans notre exposition.

→ Ils ont cartographié avec précision d’où provient exactement le cadmium qui s’accumule dans nos corps au cours de notre vie.

🍼 Le cas des bébés

Avant 1 an, la situation est un peu différente du reste de la population. Le modèle a mis en lumière deux sources d’exposition majeures pour les bébés :

🤰L’héritage prénatal

Un nouveau-né ne naît pas complètement “vierge” de cadmium : il en possède déjà une petite quantité dans son corps, transmise par sa mère pendant la grossesse via le placenta. Si vous lisez le rapport complet de l’Anses (292 pages au total… Good luck!😅) vous le verrez sous le nom d’”imprégnation prénatale”.

⚠️ Pas de panique si vous êtes enceinte : Cette quantité de cadmium reste très faible comparée à celle d’un adulte car le placenta joue extrêmement bien son rôle de bouclier en bloquant la grande majorité du cadmium. Une petite fraction parvient tout de même à le traverser, et pendant les trois premiers mois de vie, cette part héritée représente jusqu’à 40 % de la charge totale en cadmium du bébé.

Et après les 3 premiers mois du bébé qu’est-ce qu’il se passe ?

Ce cadmium présent à la naissance ne disparaît pas (rappelons que sa demi-vie dans le corps est de 10 à 30 ans), il est donc là pour longtemps.

Mais dès que le bébé commence à manger, chaque biberon et chaque petit pot apportent de nouvelles quantités de cadmium qui s’accumulent rapidement dans son corps.

Cet apport alimentaire augmente si vite qu’il devient, en quelques mois, de loin la principale source de cadmium reléguant les autres (comme l’héritage prénatal) à une part désormais minoritaire.

À partir de quelques mois, c’est donc l’assiette qui devient le premier contributeur en cadmium, et elle le restera toute la vie.

Mais l'héritage prénatal n'est pas la seule surprise que le simulateur a révélée pour les tout-petits. Il y en a une deuxième qui va peut être vous étonner.👇

🌱 La poussière et la terre

Avant la diversification alimentaire, les bébés explorent le monde en portant tout à la bouche.

→ Entre 4 et 6 mois, l'ingestion involontaire de poussières de la maison et de particules de sol représente près d'un tiers de leur imprégnation totale en cadmium, ce qui est loin d’être négligeable.

Infographie et graphique Anses : sources d'exposition au cadmium  chez les bébés de 0 à 6 mois — alimentation, imprégnation naissance  et poussières.

🚬 Fumeurs vs non-fumeurs : deux histoires très différentes

Pour tout le monde à partir de 1 an, il n’y a plus vraiment de doute : c’est l’alimentation qui domine en tant que source principale de cadmium. On distingue quand même deux grands cas de figure.👇

🚭 Chez les non-fumeurs

Si vous ne fumez pas, votre alimentation explique à elle seule jusqu’à 98 % de votre imprégnation totale au cadmium.

L’exposition via l’air que l’on respire (rejets industriels, gaz d’échappement…), les poussières, les cosmétiques (on en parlait plus haut), existe, mais représente collectivement moins de 2 % du total. Inutile donc de jeter votre rouge à lèvres : le problème du cadmium est surtout dans votre assiette.

Infographie et graphique Anses : chez les non-fumeurs,  98 % de l'exposition au cadmium provient de l'alimentation,  tous âges confondus.

🚬 Chez les fumeurs : c’est la double peine

Si vous fumez, votre alimentation vous expose au cadmium exactement autant qu’un non-fumeur. Sauf qu’en plus de ça, chaque cigarette ajoute sa propre dose de cadmium par-dessus.

C’est comme avoir un verre d’eau plein (= l’alimentation), et quelqu’un qui en verse un deuxième par-dessus (= la cigarette).

→ À partir de 45 ans, le cadmium apporté par le tabac devient quasiment aussi important que celui de l’alimentation.

Vous cumulez alors deux sources majeures et les niveaux de cadmium dans le corps sont alors souvent proches du double de ceux observés chez les non-fumeurs.

Infographie et graphique Anses : chez les fumeurs, le tabac  double l'imprégnation en cadmium par rapport aux non-fumeurs,  en plus de l'alimentation.

Que vous fumiez ou non, vous comprenez maintenant pourquoi l’alimentation fait aujourd’hui les gros titres des journaux. Mais avant de paniquer et de vider votre placard, vous allez voir que aussi surprenant que cela puisse paraitre les aliments les plus contaminés ne sont pas forcément ceux qui vous exposent le plus au cadmium.

📌Dans la suite de ce dossier, nous verrons :

  • Quels aliments contiennent le plus de cadmium, et surtout, lesquels vous exposent vraiment le plus (spoiler : ce ne sont pas ceux qu’on croit)

  • Pourquoi les Français sont 3 à 4 fois plus contaminés que leurs voisins européens

  • Bio, produits français, légumes du Maroc : on démêle le vrai du faux

  • Est-ce qu’on est vraiment foutus ? Ce que disent vraiment les chiffres

  • Ce que l’Anses demande concrètement pour inverser la tendance

  • Et surtout : ce que vous pouvez faire dès maintenant

🎁 + la fiche PDF avec tous les gestes concrets pour limiter votre exposition au quotidien.👇

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